SETE
Ho ! Je venais de loin: bien deux cents kilomètres,
Lorsqu'un matin de juin j'ai débarqué ici.
Et quand j'ai vu soudain le Mont Saint-Clair paraître
J'ai su que devant moi s'ouvrait une autre vie.
SETE, j'ai découvert au soleil printanier,
Le charme de tes rues, la douceur des soirées,
Où, flânant au hasard dans des parfums de mer
On se dit: « c'est ici qu'on a tué l'hiver ».
Je n'ai pas ressenti de dépaysement,
Je suis un fils du Sud, un enfant du soleil,
Mais venant d'une ville aux mille grondements,
J'ai trouvé un pays à nul autre pareil.
Ici, la Pointe Courte, le temps s'est arrêté.
Les maisons encastrées les unes dans les autres
Semblent se chuchoter plein de petits secrets
Que les balcons trahissent de leurs mots bariolés.
Aux flancs du Mont Saint-Clair, l'eau bleutée des piscines
Fait un diadème vert à la ville assoupie
Et les murs des maisons recouverts de glycines
Assombrissent les rues au soleil de midi.
Les anciens, sur le seuil, parlent d'un souvenir
Quelques mots de patois font chanter leurs paroles.
On peut croire qu'ils font des projets d'avenir,
Et leur rire autour d'eux fait une farandole.
Ils ont les cheveux gris, mais le regard brillant
Des gens qui ont vécu des millions d'aventures,
Qui ont travaillé dur, élevé leurs enfants,
Et qui restent fidèles à toute une culture.
SETE, jaillie de l'eau, parée de tes lumières,
Entre la grande bleue et le bassin de Thau,
SETE, ville du Sud, belle, indolente et fière,
Incontestablement la perle de l'HERAULT.
Jean Michel COMBE




