Vous trouverez ci-après le discours in extenso de notre Maire lors de la cérémonie des Vœux à la population. Pour en faciliter la lecture en étapes nous l’avons scindé en 4 paragraphes que vous obtiendrez en cliquant sur les liens ci-après. Sète de Cœur.
1ere Partie : De Victor Hugo à Jean Vilar
2éme Partie : Les Projets 2012
3éme Partie : Les Sétois et leur Ville
4éme Partie : Les Vœux aux Sétois

Discours du Maire de Sète
VŒUX A LA POPULATION
16 janvier 2012, Ancien collège Victor-Hugo
1ere Partie : De Victor Hugo à Jean Vilar
Chères Sétoises, chers Sétois, chers amis
Je pense qu’en se rendant ici, dans cette cour de ce qu’il est désormais convenu d’appeler « L’ancien collège Victor-Hugo », beaucoup, dans l’assistance, se sont remémorés leurs jeunes années.
Donc pour tous ceux-là, pour vous, anciens élèves de l’établissement, nous entamons ces vœux 2012 par un petit cadeau.
Un petit cadeau qui ne coûte pas cher mais qui, j’en suis sûr, vous fait chaud au cœur : celui d’une cure de jouvence sur les lieux de votre jeunesse.
Avec, forcément, les souvenirs heureux qui y sont associés.
Aujourd’hui, les collégiens ont migré à quelques centaines de mètres d’ici, quai Maillol, dans des bâtiments flambants neufs et sans doute plus fonctionnels. Et la ville a récupéré ces locaux dont elle est propriétaire.
Ainsi va la vie : rien n’est figé, les choses changent, les habitudes évoluent, et c’est très bien ainsi.
Car, vous le savez, et j’ai toujours à cœur de le rappeler: je ne suis pas du genre à contempler et idéaliser le passé. Mais plutôt, au contraire, à me nourrir de celui-ci pour aller de l’avant, pour oser, pour sortir des sentiers battus afin d’aborder l’avenir avec optimisme et enthousiasme, en conservant la mémoire, mais sans nostalgie.
La vie, c’est le mouvement et l’inertie, c’est la mort.
Le mouvement, ici, à Victor-Hugo, il prend la forme de la vitalité artistique de tous les talents qui l’occupent.
En attendant la transformation de ces lieux en un centre administratif destiné à faciliter la vie des citoyens et mieux organiser des services municipaux - un projet ambitieux, mais long à monter et coûteux - je ne pouvais me résoudre, justement, à ce que ces immenses bâtiments restent inertes.
C’est pourquoi j’ai décidé de les ouvrir à tout ce que notre ville compte d’artistes et d’associations culturelles en manque de lieux de création et d’animation.
Sète est un tel vivier de talents et d’initiatives qu’il aurait été dommage de manquer une telle opportunité.
C’est, en quelque sorte, un pari sur l’avenir que nous faisons en ouvrant pour un temps ces lieux à la création contemporaine, que je vous invite d’ailleurs à découvrir en flânant au gré des ateliers.
Vous verrez et vous laisserez peut-être conquérir par la diversité et la richesse de ces univers artistiques, toujours imprégnés de la ville où ils s’épanouissent, et qui se nourrissent souvent les uns des autres, ce qui était aussi l’un de nos objectifs.
Comme je vous invite à visiter, toujours dans ces bâtiments, la Maison de l’image documentaire que nous venons d’ouvrir avec l’association CetAvoir, également organisatrice du festival Images Singulières, dont le succès grandit chaque année.
Il s’agit là d’un lieu unique en région, lieu ressource, de diffusion, de production et d’animation autour de la photo documentaire. Et je peux vous dire, pour avoir assisté à ses premières manifestations, qu’il part sur les chapeaux de roue.
Avec toujours les exigences de qualité et de convivialité, centrales dans le projet, et qui expliquent sa parfaite intégration dans le port d’attache qu’est Sète.
C’est aussi une sorte de retour aux sources pour ce lieu,
Les Sétois qui, comme moi – ho, à peine… - ont dépassé la cinquantaine, se souviennent que jusqu’en 1970, on pouvait admirer ici les œuvres de grands peintres, depuis que Toussaint Roussy avait, à la fin du 19e siècle, obtenu d’y accueillir des œuvres réparties dans toute la France par la Direction des Beaux-arts.
Des œuvres qui constituent aujourd’hui une importante partie du fonds de très grande valeur du musée Paul-Valéry, qui s’enrichit en permanence, grâce à la politique volontariste mise en place pour dynamiser ce fleuron de la culture sétoise.
Et, pour finir sur ces lieux, je m’en voudrais d’oublier les associations vouées au spectacle vivant, qui l’occupent également depuis quelques années.
Une dizaine de structures, la plupart vouées au théâtre, utilisent en effet ces bâtiments pour de l’administratif, mais aussi afin de mettre à profit les beaux volumes offerts pour les répétitions de leurs spectacles à venir.
Au moment où j’évoque le théâtre, j’aurai une pensée pour la personnalité française qui, aux yeux de tous, incarne par excellence cet art si fondamental dans notre éducation et notre culture.
Une personnalité française, mais aussi une de nos grandes figures sétoises : je pense, bien sûr, à Jean Vilar, acteur et metteur en scène de génie, dirigeant du Théâtre national populaire et créateur de l’illustre festival d’Avignon qui continue, 66 ans après sa naissance, à attirer des centaines de milliers de visiteurs du monde entier.
Jean Vilar, sous le signe duquel sera placée cette année 2012, après une « Année Brassens » particulièrement riche et réussie.
Car figurez-vous que nous célébrerons au mois de mars les 100 ans de sa naissance, qui eut lieu un 25 mars, dans la boutique de chaussures de ses parents, rue Gambetta.
Jean Vilar, dont vous trouvez les couleurs du TNP sur les affiches et cartes de vœux que nous avons fabriqués cette année, avec l’inscription de paroles où il dit tout son attachement à son port natal.
Je ne vais pas ici vous donner le détail de ces célébrations liées à Vilar, mais sachez que ce sera un événement d’ampleur nationale, fortement soutenu par l’Etat et qui, avant l’hommage qui lui sera rendu à Avignon, mettra l’accent sur les liens très forts entre l’homme, son œuvre et sa ville natale.
Des liens qu’on devine à la lecture des mots de Vilar choisis pour ces vœux, comme lorsqu’il évoque ce « lien charnel que le Sétois fait avec les forces naturelles de ces lieux ».
Car je l’ai souligné : si je me refuse à ce qu’on se contente de se contempler le nombril en guise de fierté et d’authenticité sétoise, je n’en oublie pas moins tout ce que nous devons à nos anciens, illustres, comme Vilar ou Brassens, ou anonymes, à l’image de ces milliers de
pêcheurs, de commerçants, d’entrepreneurs et de personnalités en tous genres qui ont façonné l’histoire de notre ville et son identité si singulière que nous envie tant de monde.
Donc, depuis que j’ai la chance de pouvoir apporter ma pierre à l’évolution constante de Sète, je m’attache à maintenir, célébrer et valoriser ses traditions et les hommes et les femmes qui les incarnent.
Je le fais à l’occasion de nos grandes fêtes locales, que sont la Saint-Pierre ou la Saint-Louis.
Je le fais à travers ces commémorations, comme celles que je viens de citer.
Je le fais à l’aide de tous ces artistes et structures culturelles, que j’évoquais également, et qui perpétuent la mémoire de Sète et ses traditions.
Et, avec l’équipe municipale qui m’entoure ce soir, nous nous attachons aussi à le faire, à travers les réalisations ou réhabilitations que nous mettons en œuvre, les investissements que nous planifions pour la beauté, le confort et l’attractivité de la ville qui nous a conduits à nous engager.
Car c’est la passion de Sète qui m’anime et qui nous anime quotidiennement, comme élu mais avant tout sétois à part entière qui vivons dans cette ville et souhaitons plus que tout qu’elle soit toujours plus agréable à Vivre.
2eme Partie : Les Projets 2012
Alors, puisque nous sommes réunis ici pour les vœux de l’année 2012, et donc évoquer les temps forts des 12 mois à venir, sachez que plusieurs de ces réalisations prendront forme durant cette période.
Je pense en particulier au musée de la mer, tant attendu ici depuis des décennies et tant repoussé.
Il était temps que le premier port de pêche méditerranéen, les métiers et les hommes qui ont fait notre ville depuis sa naissance au 17e siècle aient enfin un espace dédié, à la hauteur de cet apport.
Une pêche qui, alors que le sort et l’actualité s’acharnent sur son activité, mérite bien cette mise à l’honneur. La mise à l’honneur du monde de la pêche avec cet équipement n’a rien d’une mise en bière, loin de là, car au côté des professionnels et de toutes les bonnes volontés, je continuerai à me battre de toutes mes forces pour qu’ils puissent continuer à exercer leur métier dans des conditions dignes et être considérés, afin que tous les projets d’aménagement du port réservent à la pêche la place qu’elle mérite.
Et, toujours dans l’optique de célébrer notre patrimoine maritime, nous aurons cette année, au mois d’avril, la deuxième édition d’Escale à Sète, qui est plus que prometteuse.
Avec de nouveaux partenaires institutionnels et privés, avec un engouement impressionnant de tous les passionnés du patrimoine maritime, avec de prestigieuses embarcations et des animations à la hauteur de l’événement, Sète sera durant le week-end de Pâques la capitale des vieux gréements, où toute la ville pourra s’embarquer dans cette joyeuse fête ancrée dans le bassin historique de la ville, et où la gastronomie sétoise sera aussi célébrée avec les professionnels à travers « Escale Assiette ».
Une gastronomie et des produits du terroir, pour aborder un autre grand projet, qui va voir le jour durant cette année, que nous entendons aussi valoriser avec la réhabilitation des halles centrales devenues vétustes. Un projet ambitieux, mené par une équipe qui a fait ses preuves dans l’aménagement des halles de Nîmes. Projet qui, au-delà de l’esthétique artistique ayant forcément ses défenseurs et ses détracteurs, améliorera les conditions d’accueil, d’accessibilité, d’hygiène et d’économie d’énergie de cet équipement municipal qui doit rester un haut lieu de la sociabilité sétoise.
Autre équipement central pour notre ville qui va commencer à sortir de terre : le centre de secours des sapeurs-pompiers, face à l’hôpital lui aussi en plein travaux d’extension, dans lequel la ville, bien que cela ne relève pas de sa compétence, a fait le choix de largement investir, pour garantir des conditions de secours optimales à la population.
Au-delà de ces grands équipements, nous continuerons en 2012 à fortement investir pour améliorer notre quotidien.
Grâce à un effort encore accru pour maîtriser les dépenses de fonctionnement de la ville, nous nous fixons comme objectif en 2012 de parvenir, sans augmenter les impôts locaux, même pas du montant de l’inflation, pour la 7e année consécutive, à maintenir constant notre effort d’investissement, qui sera de l’ordre de 13 millions d’euros.
Je vous l’assure : il s’agit là d’une gageure. Car étant données la crise économique mondiale que nous traversons, la faiblesse endémique des ressources fiscales de notre commune, et les nombreuses charges de gestion incompressibles, peu de collectivités pourraient continuer à mener à bien de telles réalisations.
Le tout en poursuivant avec succès un désendettement des finances communales. Car hypothéquer l’avenir serait la pire chose, surtout dans la période actuelle, à léguer à nos enfants…
Mais c’est donc notre choix résolu pour Sète que de continuer à moderniser et embellir la ville car nous ne souhaitons par ajouter « la crise à la crise ». Ce volontarisme en matière d’investissement est l’une de nos réponses résolues à la morosité ambiante et nous nous y tiendrons comme je le fais depuis maintenant 10 ans, où la moyenne d’investissement annuel pour la ville a augmenté quasiment de moitié par rapport à la période précédente.
Le plan voirie se poursuivra donc en 2012 avec, comme vous avez pu le voir en ce moment, l’aménagement de
2012 verra aussi, dans le secteur de la Corniche, la continuation du lourd programme voirie et réseaux de
Nous continuerons aussi à investir pour la mise aux normes d’équipements chers à tous les sétois comme
Au niveau du logement, le plan sans précédent de rénovation du centre ancien va s’accélérer en 2012 pour entrer dans sa phrase opérationnelle, après de nombreuses études et acquisitions par la ville. Elles ont suivi le choix de Sète parmi les quelques communes bénéficiant de l’aide nationale contre l’habitat dégradé, qui concerne près de 44% des logements du centre ancien.
Les mois qui viennent verront, dans le secteur des 4 ponts, l’aménagement de la Maison de l’habitat, véritable lieu ressource pour toutes les personnes concernées la lutte contre l’habitat indigne et les aides apportées par les collectivités. Dans ce secteur ainsi que les quartiers hauts et Révolution, le mécanisme est enclenché : amélioration de voiries, créations d’équipements publics et productions de logements aidés et sociaux vont se succéder à un rythme important dans les années à venir, pour le bien être des riverains et de toute la ville.
Une politique qui a amené le taux de logement aidé à pratiquement 18% sur la ville, et a récemment valu à Sète les félicitations appuyées de l’Etat.
C’est notre réponse à l’augmentation des prix du foncier observée sur le littoral. Celle qui permet la mixité sociale, d’accueillir ou faire revenir à Sète tous types de ménages, des jeunes couples aux aînés, sans monter les uns contre les autres, mais au contraire en proposant à chacun de bonnes conditions d’existence.
Parallèlement, la ville continuera à se transformer et à évoluer d’ouest en est, avec la poursuite des travaux d’aménagement du nouveau quartier des Salins, qui mêlera logements, commerces et services publics et s’intégrera parfaitement dans le paysage.
Un quartier où la mixité sociale et le respect de l’environnement sont au centre du projet, avec une allée centrale qui sera mise en circulation d’ici peu, et une attention particulière aux circulations piétonne et 2 roues.
A l’Est, le grand projet urbain des décennies à venir, nous venons d’approuver la zone d’aménagement concertée. Dès cette année, les premiers permis de construire pour des logements et bureaux seront inscrits.
La ville continue donc à se reconstruire sur elle-même et à exploiter ses possibilités d’extension, ce qui aussi a permis la croissance de ces dernières années et à limiter la pression immobilière qui s’exerce partout dans le département.
En s’étendant à l’ouest, comme elle le fit ici même, où nous nous trouvons actuellement, dans des secteurs autrefois marécageux, Sète poursuit sa tradition de développement respectueux de son environnement et de sa culture.
C’est là notre réponse à tous les déclinistes qui se satisfaisait du déclin dans lequel s’était engoncé Sète et n’offrait comme seule réponse à ses problèmes que de vider la ville de sa population…
Vous le voyez, aucun quartier sétois ne sera en reste en 2012.
Je continuerai d’ailleurs cette année, comme j’ai toujours plaisir à le faire, à aller à la rencontre des habitants de tous les quartiers, de manière informelle ou au cours de réunions programmées tous les mois pour écouter vos doléances, vos propositions, vos idées et discuter avec vous de tous les projets.
Dans le domaine de l’environnement, des investissements pas forcément très spectaculaires, mais non moins indispensables, sont programmés comme la consolidation des falaises, près du musée ou le long de
De même, l’utilisation des énergies propres sera privilégiée dans toute nouvelle acquisition, à l’image des triporteurs et du mini camion benne électriques récemment acquis pour la propreté de la ville.
3éme Partie : Les Sétois et leur Ville
Propreté, le mot est lâché. Chacun l’appelle de ses vœux, chacun prodigue ses conseils mais qui sont trop souvent… applicables qu’aux autres.
Alors bien sûr, la ville continuera et s’il le faut amplifiera son action en se dotant des moyens et innovations nécessaires et par une sensibilisation accrue. Mais j’en appelle à la prise de conscience de chacun d’entre nous, que seul l’effort partagé peut produire de réels progrès en la matière.
Le respect d’un minimum de règles, en matière de tri, de dépôt d’ordures etc. doit s’imposer à tous, car il en va de notre qualité de vie quotidienne. Et je mets dans la même catégorie toutes ces incivilités petites et grandes, qui vont du bruit pétaradant des 2roues aux comportements irrespectueux envers les aînés, ou entre automobilistes.
Tous ces comportements qui peuvent pourrir la vie et monter les gens les uns contre les autres, atteignant parfois des extrêmes, comme on l’a vu ici, récemment, avec une élève osant lever la main sur son professeur, geste inqualifiable qui en dit long sur le manque de repère d’une certaine jeunesse.
Ce sont ces gestes et ces attitudes du quotidien qui conditionnent notre vivre ensemble et qu’il faut parvenir à modifier, et si 2012 pouvait apporter une amélioration dans ce sens là, j’en serais le plus heureux.
Car cette amélioration du quotidien des Sétoises et des Sétois, de notre manière de vivre et pratiquer la ville, je la place au centre de mon engagement d’élu. Ces incivilités, ce sont aussi celles qui touchent notre environnement lagunaire, source de vie et d’attrait s’il en est pour notre territoire.
Une action concertée, dans laquelle j’ai pris une part active, a lieu en ce moment entre élus, associations et citoyens pour étudier tous les moyens d’améliorer la qualité des eaux du port et de la lagune.
Là aussi, aucun résultat concret ne sera obtenu sans une prise de conscience générale de la richesse et la fragilité de nos milieux, et l’évolution des comportements qui en découle, chez les plaisanciers, chez les professionnels, et chez tout propriétaire d’embarcation et riverains des quais, bref, chez nous tous…
2012 sera d’ailleurs une année phare pour la reconnaissance de la lagune de Thau et de l’action concertée que mène les collectivités pour sa sauvegarde, sous la houlette du Syndicat mixte du bassin de Thau, avec tous les élus du territoire et le soutien sans faille de notre député Gilles d’Ettore, que je remercie pour sa présence ce soir. Ainsi, dans exactement 2 mois, Thau sera à l’honneur avec la programmation, ici même, d’une journée décentralisée du Forum mondial de l’eau qui se tient à Marseille.
Nous avons obtenu que les plus grands spécialistes mondiaux viennent à Sète juger par eux-mêmes du modèle de gestion globale que nous avons mis en place, qui associe l’aménagement du territoire et la gestion de l’eau.
C’est non seulement une belle reconnaissance, mais aussi une garantie que l’immense effort consentie par les collectivités pour sauvegarder l’excellence de la lagune, où le moindre faux pas est immédiatement sanctionné, se poursuivra dans les années à venir, garantie du maintien des activités traditionnelles de l’étang.
Ce même jour, en clôture de l’événement, je signerai d’ailleurs, en qualité de président du Syndicat mixte qui a mis en place cette action, le nouveau contrat de gestion. Il permettra l’investissement de centaines de millions d’euros pour garantir l’avenir durable de notre territoire et les conditions de son attractivité.
Car ne nous y trompons pas : l’intérêt porté à Sète, et au territoire de Thau dans son ensemble, dépend de la préservation de notre environnement, et du maintien des activités traditionnelles, comme la conchyliculture, dont la préservation est le développement est à mes yeux fondamental pour notre territoire.
Je tiens d’ailleurs à dire ici mon regret que la proposition d’unir les 3 agglomérations autour de l’étang, la notre, celle du Nord bassin et celle d’Agde n’ait pu voir le jour dès cette année.
J’espère que nous ne paierons pas cher le fait d’avoir loupé ce train en marche, qui aurait permis grâce aux économies d’échelle engendrées d’accélérer projets et investissements, en particulier pour la sauvegarde de l’étang et de la conchyliculture.
Un rejet d’autant plus rageant qu’il vient majoritairement d’élus sans attache ni intérêt pour ce territoire ayant suivi une ligne de parti plutôt qu’une vision pour celui-ci, alors que la majorité des élus représentant les deux tiers de la population s’étaient au contraire prononcé pour cette union.
Récemment, les plus grands opérateurs de croisières, en congrès ici, me confiaient qu’au moins autant que la culture, ce sont les produits du terroir et le fait de pouvoir découvrir ces activités traditionnelles qui attiraient leur clientèle.
Non qu’il faille en faire une vitrine pour touristes fortunés, mais ces mêmes touristes, quel que soit leur mode de déplacement et de vacances, sont la condition de notre développement économique, qui reposera plus que jamais sur ce secteur, comme sur celui de la plaisance, dans les années à venir.
Un secteur qui doit d’ailleurs faire appel, et nous avons engagé le mouvement, aux technologies les plus récentes de « l’e-tourisme » faisant appel aux nouveaux médias, à l’interactivité, la géo localisation et autre information en temps réel.
Dès cette année, les principaux points d’intérêt de la ville vont être équipés de QR code stockant des informations numériques, pour que les internautes mobiles profitent au mieux des centres d’intérêt de la ville et la ville va s’équiper de bornes Wifi dans différentes zones publiques.
L’office de tourisme continuera à travailler en transversalité avec les professionnels du secteur, acteurs culturels et opérateurs pour valoriser notre destination et les nombreux événements sétois.
Il serait ridicule et même dangereux, comme cela a pu se faire, d’opposer tourisme et authenticité, car les deux sont fortement liés.
C’est d’ailleurs ce que je m’évertuerai à démontrer et à développer à la tête de la commission tourisme, où je viens d’être nommé à l’Association des maires de France. Une expérience très stimulante dont je compte 24 bien faire profiter ma ville…
Hier, comme je l’ai fais moi-même, des milliers de jeunes Sétois, après avoir noirci leurs copies, ici au collège Hugo, s’en allaient trouver un petit boulot aux docks, dans un port de commerce en pleine effervescence, où l’on trouvait toujours une occupation.
Aujourd’hui il faut bien entendu continuer à se battre pour le port, mais dans le même temps,ces mêmes jeunes, nos enfants et petits enfants, où vont-ils gagner les quelques sous qui leur permettront de passer l’été ? Pour beaucoup dans les restaurants de plage, ou dans des activités sportives et ludiques qui font le bonheur des estivants…
Il faut accompagner la mutation plutôt que s’y opposer artificiellement. Et c’est pour cela que nous continuerons à miser sur le tourisme, à coté des activités liées au port, comme l’un des principaux vecteurs d’emploi et de richesses pour la ville, et aussi une garantie de la préservation de son identité.
Et quand j’évoque l’identité de Sète, je veux parler de sa beauté, de son originalité, de sa singularité.
Car figurez-vous, qu’il s’est récemment trouvé quelqu’un pour me dire - oh, rassurez-vous, il ne résidait pas ici à l’année - que ce qui faisait le charme de Sète c’était, tenez vous bien : « son côté pourri » !
Et bien, le maire que je suis, ce « côté pourri », je le lui laisse, même si c’était dit avec humour…
Car allez demander aux familles qui vivent dans les appartements insalubres et sans lumière dans le quartier des 4 ponts s’ils aiment le « côté pourri » de Sète !
Allez demander aux jeunes mamans poussant leur landau, ou aux personnes handicapées, si elles apprécient des quais et des rues entravées par toutes sortes d’obstacles qui n’ont rien à y faire !
Et allez questionner les pêcheurs, pour savoir s’ils ont un plaisir particulier et pervers à travailler sur des quais sans espace dédié, où ils sont contraints d’entreposer 26 leur matériel dans des conditions plus que précaires…
A Sète, nous sommes privilégiés.
- Privilégiés par la nature, qui nous a dotés d’un magnifique écrin, que nous nous efforçons de préserver et valoriser, du Panoramique de Saint-Clair aux plages du lido.
- Privilégiés par la culture, sur laquelle je me suis étendu en introduction.
Mais les privilèges de l’habitat insalubre, de la saleté ou des conflits d’usages en différents endroits, nous nous en passons très bien.
Et, d’ailleurs, nous mettons tout en œuvre pour abattre de tels « privilèges »…
N’en déplaise au visiteur faussement branché, qui passe ici un week-end tous les 2 ans, et voudrait pimenter un peu son séjour dans une ville qui cultiverait « son côté pourri ».
Nous, c’est à l’année que nous souhaitons développer le tourisme.
A l’année que nous souhaitons que notre ville soit chaleureuse, animée et colorée, mais aussi pourvoyeuse d’emploi, de solidarité entre les gens et les générations, et de service public permettant de mieux vivre à chaque citoyen.
4éme Partie : Les Vœux aux Sétois
Je finirai donc sur ses mots optimistes et volontaires, sans toutefois me voiler la face sur les difficultés et parfois les drames que traversent nombre de nos concitoyens, ici comme ailleurs, en cette période de crise mondiale comme la plupart d’entre nous n’en ont jamais connu.
Et en ayant une pensée particulière, au moment où j’adresse ces vœux, pour toutes celles et tous ceux qui sont frappés par la solitude, par la détresse, par la maladie, ou par le deuil d’un proche.
Et parce que nous sommes ici dans un haut lieu de la culture, parce que nous sommes juste en face du théâtre Molière, en pleine rénovation et à qui nous avons rendu possible de poursuivre sa programmation au Chai Skalli, parce que, encore, nous célébrons en 2012 Jean Vilar, qui a justement rendu possible le concept de décentralisation culturelle, et donc la naissance des scènes nationales comme la nôtre, c’est en référence à cette immense personnalité que je conclurai.
Et ce en vous souhaitant à toutes et à tous ainsi qu’à vos proches, au nom de tout le conseil municipal, une excellente année 2012, aussi douce que le shakespearien Songe d’une nuit d’été, et aussi exaltante que la vie du Cid de Corneille.





