Le venin de la contagion
La fragilité est devenue un trait majeur de la finance
moderne et montre l'étranglement de la liquidité en période de crise financière, paralyse les systèmes de paiements et par conséquence les échanges intérieurs.
La crise pénètre au sein des structures intimes de l'économie défaillante, et les crises financières déclenchées par l'endettement international ne restent pas toujours confinées aux pays d'origine. Elles se propagent par contagion.
Une difficulté locale se transforme en une crise globale : la crise systémique.
La contagion montre l’importance de la liquidité. Or la liquidité est une question de confiance – lorsqu’elle fait brutalement défaut de nombreux prix d’actifs financiers subissent des discontinuités qui placent les agents financiers devant des pertes non anticipées , créant un climat d’inquiétude. Les faillites se multiplient et le crédit se contracte.
La crise systémique à sa logique propre qui aboutit à des situations déprimées, que les comportements privés ne peuvent corriger spontanément.
L’action collective doit surmonter les échecs de coordination des marchés qui conduisent à l’apparition de la crise.
Trois axes de réduction du risque systémique peuvent être distingués. Lee premier est une réforme des structures qui approfondiraient l’intégration financière internationale ; le deuxième est une tutelle prudentielle sur les comportements privés de gestion du risque ; le troisième est un système international de gestion des crises.
L’action collective doit être continuée selon une conception globale.
Le premier axe consiste à réduire le risque qui a le plus fort potentiel de se propager en crise globale. Les maillons faibles sont les marchés de gré à gré, c'est-à-dire des marchés formés de transactions bilatérales (par opposition aux marchés où l’offre et la demande sont centralisées).
Elle peut passer par la collaboration des banques
centrales et associations internationales représentants les professions concernées. Ainsi les règlements des transactions de change sont source de risque parce que les systèmes de paiement nationaux sont séparés. Mais les banques centrales doivent être des foyers d’impulsions pour organiser des marchés dit de gré à gré défaillant comme la faillite de la banque Barings et la maison des titres Sumitono (1995) (1998) et Enron (2001).
Les banques elles-mêmes utilisent des marchés opaques pour transformer le risque des crédits sur les prêts qu’elles consentent à des agents non bancaires (entreprises d’assurances, fonds communs de placement de manière à diminuer les montants de capital qu’elles ont obligation de mettre en réserve. Mais les transactions sur produits dérivés ne sont pas enregistrés dans les bilans, de sorte qu’il devient plus difficile pour les banques centrales de repérer où se trouve les risques et qui les portent.
Antonio ROSSI




