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Biens publics et externabilités

De quels instruments dispose « le décideur » pour restaurer ou produire des biens publics ?


Considérons l’exemple du phare. Chaque navigateur a une disposition personnelle à payer le montant maximal qu’il est prêt à débourser pour bénéficier du phare. Certains auront des dispositions plus élevées (ils naviguent  fréquemment), d’autres plus faibles. La règle de décision plus efficace est évidente. Il faut construire le phare si la somme a payer couvre le coût. Ce raisonnement est la base de ce qu’on appelle le « calcul économique » la décision s’appuie sur la balance entre avantages et coûts d’un projet.


Si maintenant c’est la hauteur du phare qu’il faut déterminer, le même type de raisonnement est à appliquer.

 

Supposons que l’on se soit entendu sur une certaine hauteur et que la question est de savoir s’il est utile de la surélever d’un mètre. Chaque pêcheur est disposé a payer une certaine somme pour ce mètre supplémentaire : cette disposition « marginale » a payer mesure la valeur individuelle du rehaussement. Sans nul doute un mètre de plus lorsque le phare ne fait que 10 mètres de hauteur a plus de valeur que lorsqu’il fait déjà 40 mètres.


Pour autant ce mètre de plus occasionne un coût supplémentaire d’autant plus important que le phare est élevé. L’arbitrage est simple : tant que la somme des dispositions marginales à payer est plus grande que le coût marginal du mètre supplémentaire, il faut continuer à augmenter la hauteur et s’arrêter quand l’inégalité s’inverse.


L’équation de Bowen Lindhel Samuelson donne la condition générale d’efficacité : la somme des dispositions marginales à payer doit être égale au coût marginal.


Une fois déterminée la solution efficace, on répartit le coût total en contribution individuelle forfaitaire. Si on veut être sûr que tous y gagnent, on doit veiller à ce que la contribution demandée à chacun soit inférieure à sa disposition à payer. La mise en œuvre d’une telle procédure dépend de manière cruciale de l’information que possède « le décideur » sur les dispositions individuelles à payer.


Clairement, chaque personne sera réticente à divulguer cette information si celle-ci est utilisée par le décideur, non seulement pour décider l’investissement mais aussi pour le financer.


Pour être sur de prendre la bonne décision il faut imaginer un mécanisme dans lequel chaque individu n’est pas intérêt à tricher sur son consentement à payer.
Ce mécanisme appelé « mécanisme de pivot a été développé par Edward Clarke et Theodore Groves.

 

Antoine Rossi