» Accueil site Sète de Coeur  » Histoire de Sète
Les Forts : Le théatre de la Mer

        HISTOIRE des FORTIFICATIONS de SETE
            Deuxième partie
               1543 – le fort SAINT PIERRE

 

Au moment de la construction du port en 1666 le musoir du môle a été doté en 1689 du fort Saint LOUIS puis de deux casernes en 1701 et 1711.

 Suite à la tentative d’invasion par les Anglais en 1710, CETTE construit une série de fortifications pour la plupart aujourd’hui disparues :

   -une barbette au quai Richelieu

   -un bastion à la corne du pont de la Savonnerie

   -des murailles au niveau de la rue haute

   -la batterie de la Butte Ronde qui a survécu jusqu’après 1945 mais dont il ne

    Reste que quelques vestiges.

   -et enfin le fort Saint PIERRE construit en 1743-1746 par l’ingénieur NIQUET disciple de VAUBAN sur la pointe du cap dominant les falaises au lieu-dit « la Lèque » au XVIII°siècle.

    Il fut appelé au fil des temps batterie du cimetière, fort MARAT sous la révolution, fort Saint NICOLAS au début du XIX°siècle pour revenir à son nom d’origine de fort Saint PIERRE.

    Il se composait de sept plateformes pourvues de batteries de canons et devait protéger le fort Saint LOUIS au bout du môle et surveiller ce qui arrivait du côté d’AGDE.

    IL servit de caserne supplémentaire sous l’ancien régime, reçut des prisonniers arabes lors de la conquête de l’Algérie dont Abd-el-Kader le 24 avril 1848. Ce sont ces prisonniers qui ont travaillé à la construction de la Rampe des Arabes ou Montée des Bédouins.

 

 La tranchée qui le sépare du cimetière Marin a été creusée en 1882, doublant la Montées des Bédouins et l’ancienne route d’Agde ou rue Jean VILAR. Il s’agissait en effet en cette fin duXIX°siècle, dans le cadre de l’allongement du brise-lames par l’épi Dellon, d’atteindre aisément les carrières ouest de la colline. Ce fut cette voie qu’utilisa le rail pour le transport des matériaux puis le tramway en 1901 avec terminus à la Corniche. Elle s’est successivement appelée chemin des carrières, route de la Corniche, RN 108, RN112 et enfin promenade Maréchal LECLERC.

  La porte d’accès au théâtre correspond à l’ancien pont levis sur fossé.

  Au début de la tranchée un pont en bois avec contrefiches reliait le fort au cimetière Marin .E1898 il fut remplacé par une passerelle en fer baptisée « pont des suicidés », on se doute pourquoi (cette passerelle ainsi qu’une partie du fort fut démolie par les Allemands en 1944).

  Au pied de l’éperon rocheux fut construit en 1885 le stand de gymnastique  « la Cettoise » par Jean Baptiste MARTY. Ce stand en ruines fut rasé en 1974.

  En 1914 il est réquisitionné par les autorités militaires en tant qu’hôpital pour accueillir les troupes d’Afrique qui présentent des maladies infectieuses .C’est alors que l’Etat cède le fort aux hospices de la ville et c’est pourquoi le fort est toujours propriété de l’hôpital de SETE.

 Enfin en 1959 et 1970 l’ensemble des bâtiments intérieurs étant en ruines et l’extérieur fortement endommagé par les destructions réalisées par les Allemands en1944, il fut restructuré en théâtre de la mer ou théâtre Jean VILAR.

Sous les gradins de l’amphithéâtre, inaugurée en 1970 et réaménagée en 1984, une vaste salle de réunion honore la mémoire du sous lieutenant Maurice TARBOURIECH (1921-1945) mort en déportation.

 Le fort Saint PIERRE inscrit aux sites depuis 1948 est fleuron du patrimoine de la ville de SETE.

 

Michel LEBRETON

 

Sources : »Rues de SETE » par Alain Degage ,ville de SETE 1988

                « Histoire de SETE »pays et villes de France éditions Privat 1987

Illustrations :collection Lebreton